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Que peut-on faire

Les frères et soeurs

1. La difficulté du handicap

Supposons la situation d'une famille où se trouvent plusieurs enfants dont un d'entre eux (par exemple un garçon) souffre d'autisme, et regardons de plus près les conséquences de l'autisme sur la vie des frères et sœurs du handicapé.  Le problème n'est pas simple; comme nous pourrons voir, il est d'une extraordinaire complexité.  Parmi les parents qui nous ont consultés, rares sont ceux qui n'éprouvent pas des difficultés accrues qui peuvent altérer tout l'équilibre familial par le fait de l'autisme.  Il est vrai que déjà la relation entre frères et sœurs peut être parfois perturbée dans une famille normale, sans enfant autiste.  Un enfant ne naît pas vertueux.  Que ne voit-on les enfants qui s'injurient, se taquinent et se font enrager; que ne font-ils valoir leur instinct de domination et d'égoïsme ! Dans toute famille les frères et sœurs apprennent à arrondir les angles lorsqu'ils se cognent : "Moi ici, toi là".

La présence d'un enfant autiste n'arrange pas les choses, loin de là, car la réciprocité ne joue pas.  Pour l'enfant autiste ce sera : "Moi ici, un point, c'est tout".  Le frère ou la sœur n'accepte pas si facilement un tel arrangement, surtout s'il est fort jeune.  Nous voyons que si dans toute famille il y a parfois des frictions ou des disputes entre frères et sœurs, la vie n'est pas facilitée par le fait d'un enfant autiste.  Tout comme pour les parents, les frères et sœurs éprouvent d'autant plus de difficultés à vivre harmonieusement que l'enfant autiste sera plus gravement handicapé.   La gravité de la déficience sera ressentie par le frère ou la sœur comme cause de plus ou moins lourdes conséquences pour sa propre vie en famille.  Supporter le poids de son frère handicapé est une charge lourde quel que soit le type de handicap; c'est lourd aussi d'avoir un frère aveugle ou hémiplégique, mais la charge peut devenir moins supportable encore dans la mesure ou le handicap fait irruption dans la vie même de son frère ou de sa sœur, et un enfant autiste gravement atteint par la déficience peut prendre une place énorme en gestes, en bruit, en casse.

2. L'influence des parents

Comme dans toute autre famille d'ailleurs, la relation entre frères et sœurs dépendra grandement des parents, de leur aptitude à former leurs enfants convenablement.  En effet, les parents sont capables d'influencer positivement ou négativement la relation entre leurs enfants.  Les parents sensibles à former leurs enfants se poseront la question où en est la qualité de la relation entre leurs enfants, notamment la qualité affective.  Où en est l'amour fraternel ?   Se poser cette question est fondamental.  Rien que poser la question est déjà en soi un pas énorme; mais indispensable. 

Un autre aspect important est l'intégrité et l'impartialité de la part des parents.  C'est un sujet extrêmement délicat.  En effet, dans toute famille où il y a un enfant handicapé, celui-ci sera traité avec plus d'attention, avec une plus grande disponibilité, avec plus de patience et de temps.   Avec un enfant autiste cette attitude est inévitable, même de la part de parents intègres.  Le seul fait d'une plus grande sollicitude à l'égard de l'enfant autiste peut facilement engendrer une réaction de jalousie dans l'esprit du frère ou de la sœur.  Celui-ci peut ressentir un sentiment d'injustice : "Pourquoi tant de temps ou d'indulgence pour lui ? Et moi alors ?".  Le frère autiste deviendra facilement un rival qui accapare l'affection des parents.  Il ne sera dès lors plus un objet d'affection pour le frère ou la sœur.  Nous avons connu des cas où pareille situation a conduit à une véritable hostilité. 

Que dire alors de parents qui, dépassés par les événements, en viennent à manquer d'intégrité, et ceci en toute bonne foi et avec les meilleures intentions ?  Et ce n'est pas l'exception.  Pour ceux-ci toute l'attention, toute la préoccupation se focalise sur le pauvre handicapé.  Son frère ou sa sœur est relégué sur le côté.   Celui-ci ressentira sa situation comme une injustice; et s'il ne cultivera pas une animosité envers son frère autiste, ce sera presque de l'héroïsme.  Dans ce cas il ne s'agit pas de jalousie mais d'un quête d'affection en toute justice.

Auteur : Jean-Pierre Naedts